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    J'ai lu en ce début d'année "Le complexe occidental" (sous-titré: "petit traité de déculpabilisation"), livre de 380 pages publié par Alexandre Del Valle en 2014.

    Dans ce livre, l'auteur explique que l'Occident est victime d'une haine de soi, détaille les raisons et manifestations de cette haine et de cet autodénigrement permanent et défend la nécessité impérieuse de sortir de cet état pour ne pas mourir.

    Cet autodénigrement se fait sous l'impulsion de plusieurs acteurs, qui détruisent progressivement les Etats-Nations: "MacWorld" ("empire hyperconsumériste anglophone", dont l'Union européenne est une émanation, et dont les intérêts ne se confondent pas avec ceux des Etats-Unis); nouvelles oligarchies (communautés ethnoreligieuses, ONG, autorités administratives indépendantes, associations antiracistes,...).

    En conclusion, l'auteur appelle à lutter contre les propagandes mensongères, à rétablir la fierté nationale autour de nos racines grecques, romaines et chrétiennes, et à s'unir à la Russie, qui fait partie de la même civilisation que nous. 

    A l'exception de courts passages de psychologie un peu indigestes, ce livre présente l'intérêt d'exposer, dans un survol assez complet, les différents aspects de l'autodénigrement occidental, et des mensonges associés.

     

    cible: à partir de lycéens.

     


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    J'ai lu en fin d'année dernière le dernier livre de Denis Tillinac, "Du bonheur d'être réac", publié début 2014, et sous-titré "Apologie de la liberté".

    Difficile de définir le "réac", pour Denis Tillinac, car aucun réac ne ressemble à un autre. En tous cas, il sait ce que n'est pas le réac. Le réac n'est ni "ultra", ni conservateur. D'ailleurs, le réac ne fait pas de politique.

    Tillinac expose les fondamentaux du réac: notamment le sens de l'honneur, le sens de l'intériorité, le sens de l'héritage, le sens de l'humour, le sens de la désinvolture, le sens de l’élévation, le sens de l'harmonie, le sens de la religiosité (avec ou sans la foi), le sens de la distinction, le sens de la lenteur, le sens de l'éternité, le sens de la pudeur.

    En fait, écrit Tillinac, être réac, c'est être "en réaction contre les tendances de l'époque", c'est être "mal dans son siècle, mais bien dans ses pompes".  En effet, poursuit-il, "l'éloignement du réac l'immunise contre le risque de ringardise. Qui se fiche de la mode ne peut être démodé". Le réac "n'a pas lu le livre "événement", il n'a pas vu le film "culte" ou la vidéo "choc, il n'a pas idolâtré le footballeur "mythique"."

    Tillinac est-il desespéré, ou nous voit-il encore un avenir? "Il a fallu des siècles pour que, sur les ruines de la romanité, les copistes des monastères enfantent le Moyen Age des grandes universités et des cathédrales. Encore avaient-ils la foi qui soulève les montagnes, des textes pour l'étayer et du cœur au ventre. La foi, on peut encore la retrouver; les textes, nous les avons engrangés, on peut toujours les exhumer. Mais il manque l'énergie qui ferait le tri afin de métamorphoser des morceaux de savoir inerte en un désir collectif de s'atteler à une renaissance".

    On peut quand même être un peu sceptique sur deux affirmations de Tillinac.

    Tout d'abord, Tillinac n'est pas vraiment convaincant lorsqu'il écrit que le réac n'est pas conservateur. Il doit quand même y avoir quelques traces de conservatisme dans cet amour pour les cathédrales et ce mépris pour certaines innovations hideuses.

    Enfin, pour Tillinac, le réac ne fait pas de politique. Et il ne doit pas en faire, sinon çà se termine mal, comme dans le terrorisme par exemple. Le réac est plutôt un solitaire. Le réac est-il donc condamné à n'être qu'un spectateur bougon? On peut espérer que non....

    Au bilan, un petit livre d'une centaine de pages, au style léger et virevoltant, qui se lit avec plaisir.

     


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    Pour me faire un peu pardonner mes propos négatifs sur "la défaite de la pensée", je vous propose ce petit extrait du livre, qui posait bien, il y a une trentaine d'années, le diagnostic du problème culturel contemporain:

    "La non-pensée, bien sûr, a toujours coexisté avec la vie de l'esprit, mais c'est la première fois dans l'histoire européenne, qu'elle habite le même vocable, qu'elle jouit du même statut, et que sont traités de racistes ou de réactionnaires, ceux qui, au nom de la "haute" culture, osent encore l'appeler par son nom. Soyons clair: la dissolution de la culture dans le tout culturel ne met fin ni à la pensée ni à l'art. Il ne faut pas céder au lamento nostalgique sur l'âge d'or où les chefs d'œuvre se ramassaient à la pelle. Vieux comme le ressentiment, ce poncif accompagne, depuis ses origines, la vie spirituelle de l'humanité. Le problème auquel nous sommes, depuis peu, confrontés est différent, et plus grave: les œuvres existent, mais la frontière entre la culture et le divertissement s'étant estompée, il n'y a plus de lieu pour les accueillir et pour leur donner sens. Elles flottent donc absurdement dans un espace sans coordonnées ni repères. Quand la haine de la culture devient elle-même culturelle, la vie avec la pensée perd toute signification."

     


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    J'ai lu en fin d'année dernière l'essai d'Alain Finkielkraut, publié en 1987, "la défaite de la pensée".

    J'ai été un peu déçu: après la lecture de "l'identité malheureuse", dont je reconseille encore la lecture, je m'attendais à mieux. Mais ce précédent livre est plus confus, moins clair que le Finkielkraut actuel.

    La dernière page du livre commence ainsi: "la barbarie a donc fini par s'emparer de la culture". Et la trentaine de pages qui précède éreinte les "post-modernes" multiculturels qui veulent une société polymorphe dans un monde bigarré, qui mettent sur le même plan un chef d'œuvre et un "produit culturel", un footballeur et un chorégraphe, qui portent au pinacle la jeunesse et le néant culturel et intellectuel. Finkielkraut demande: "Coluche et Renaud font-ils partie de la culture? La musique, le rock, est-ce la même chose? Le rock est-il la forme moderne de la musique ou sa régression dans le simplisme absolu d'un rythme universel?"

    Le cœur du livre devait sans doute être là.

    Mais les 130 pages qui précèdent s'engluent dans une dénonciation des nations et des nationalismes, et l'on est encore très loin du Finkielkraut d'aujourd'hui. Il sacrifie aux dogmes de la société pluriculturelle et multiethnique: "L'esprit des Temps modernes européens, quant à lui, s'accommode très bien de l'existence de minorités nationales ou religieuses, à condition que celles-ci soient composées, sur le modèle de la nation, d'individus égaux et libres"; c'est-à-dire, à condition qu'il n'y ait pas d'excision ni de polygamie.

    Ceci dit, j'avoue quand même caricaturer un peu. Tout n'est pas inintéressant dans son analyse des différents types de nationalisme, des sociétés issues de la décolonisation. Mais, dans son analyse, au final, c'est quand même toujours la faute de l'Occident et du capitalisme....

     


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