• Jean Raspail: Big other

     

    J'ai pensé qu'il était intéressant de consacrer une chronique à « Big other », la préface de Jean Raspail à la réédition de son roman « le camp des saints » en 2011.

    Jean Raspail raconte d'abord brièvement la sortie en 1973 en France du roman, qui ne fut pas un succès de librairie. Il situe le début du succès en 1975; aux Etats-Unis d'abord; en France ensuite, sans qu'il établisse de lien de causalité, alors qu'en 1975, le livre était retiré depuis 18 mois des librairies françaises; le livre ne semble pas avoir bénéficié d'un succès fulgurant, mais au contraire avoir connu un flot continu d'achats jusqu'aujourd'hui.

    L'auteur précise ensuite que son texte est allégorique; ce qu'il raconte dans le roman est une arrivée subite et massive en 24 heures, « alors que dans la réalité, il s'agit d'une submersion continue, sur des années, dont nous ne mesurerons la catastrophique plénitude qu'au tournant 2045-2050, lorsque sera amorcé le basculement démographique final: en France, et chez nos proches voisins, dans les zones urbanisées où vivent les deux tiers de la population, 50% des habitants de moins de 55 ans seront d'origine extra-européenne ». Ce fait, s'indigne Jean Raspail, est généralement traité « comme si c'était la chose la plus naturelle du monde ».

    Jean Raspail dénonce une « innovante escroquerie historico-sémantique », qui impose désormais de penser que la notion de « Français de souche » n'existe pas, parce que nous sommes tous métis. Jean Raspail le conteste, et estime qu'il existe une quarantaine de millions de Français de souche, c'est-à-dire d'origine purement européenne, sans trace dans leur généalogie de croisement avec des races non-européennes.

    L'auteur a demandé à deux avocats, avant la réédition de 2011, leur avis si ce roman avait été une première publication; il en ressort qu'il n'est plus possible d'écrire ce livre aujourd'hui, en raison des lois de restriction de la liberté d'expression adoptées depuis 40 ans en France.

    Les lois interdisent de penser et de dire; les Français se taisent, mais parlent avec leurs pieds. « Ce n'est pas un exode de masse, ce n'est pas encore une fuite, c'est seulement une retraite en bon ordre, un repli à la fois délibéré et instinctif, mais le résultat est identique: le Français de souche s'en va voir ailleurs, là où l'Autre n'est pas. D'un coup d'oeil très sûr, il a évalué le degré d'imprégnation au-delà duquel il ne pourra plus ou ne voudra plus le supporter. Il prépare son départ autant qu'il le peut, et quand il sent le moment venu, avant qu'il soit trop tard, il déménage avec toute sa famille. C'est ainsi que l'on assiste, en de nombreux points du territoire urbain, à de véritables transferts, ou transvasements, de populations. Et le phénomène s'amplifie. Quand l'une ou l'autre municipalité annonce que dans tel ou tel quartier encore exempt de « diversité » va être construit un ensemble de logements où la « mixité plurielle » sera de rigueur, les riverains commencent aussitôt à se poser des questions et à tirer des plans pour filer. Si l'on se place sur le plan de l'« accueil à l'Autre », ce n'est certes pas un réflexe sympathique, mais il s'agit là de tests sans trucage, bruts de coffrage, sur le tas, qu'on aurait tort de négliger. Le Français de souche vote avec ses pieds: il s'en va... S'en vont également de là, suivant le même élan, un certain nombre de Français hors souche, ceux que les sociologues ont baptisés d'un nom qui me semble aussi mal venu que péjoratif: les beurgeois, qui, tout en étant nés français, y ont ajouté l'adhésion du coeur. »

    La suite de l'Histoire? Jean Raspail ne croit pas à une résistance des Français avant 2050. Il entrevoit à la fin du siècle la subsistance d'« isolats » de Français qui perdureront quelque temps, à côté des envahisseurs de plus en plus nombreux. Et ensuite? Soit ces isolats français seront submergés plus ou moins par la force. Soit ils s'allieront avec les isolats nationaux des autres pays européens pour lancer la reconquête du continent.

    On peut souscrire au pessimisme de l'auteur. On peut aussi, sans être un optimiste béat, espérer que 2017, 2022 ou 2027 soit un tournant majeur, avec des élections présidentielles et législatives qui permettent un changement radical de politique.

     

    public: à partir de lycéens

     


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